De la simple différence physique au véritable handicap esthétique

Par le Docteur Béatrice de REVIERS (Mai 2020)

Une nouvelle palette de concepts, une nouvelle définition du handicap esthétique et un nouvel outil.

 Au cours de mes nombreuses rencontres auprès des personnes et de familles atteintes par une particularité esthétique d’origine congénitale et au regard de ma propre expérience dans le domaine, Il m’a été donné de constater que nous ne considérons pas notre différence physique de la même façon et nécessairement comme un handicap. 

Avoir une vision binaire de la différence physique en la classant soit en simple particularité sans conséquence, soit en véritable handicap « esthétique » est, selon moi bien trop réductrice et même dangereuse. La réalité est, à mon sens toute autre et beaucoup complexe.

 

Elle nécessite d’admettre l’existence d’un véritable nuancier dans le domaine et la possibilité pour la personne affectée d’évoluer d’une zone à l’autre au cours de sa vie, de ses expériences et de ses rencontres. C’est d’ailleurs elle seule qui est en capacité de se situer sur ce nuancier. 

En effet force est de constater :

  • Qu’une catégorie de personnes atteintes considère que cette différence représente une simple particularité physique et à l’extrême, elles peuvent la voir comme une source de fierté, leur permettant de se démarquer des autres telles Cassandra Naud ou Yulianna Youssef, personnages publics aux multiples followers (danseuse et mannequin) »  
  • D’autres vivent cette particularité physique comme une « vulnérabilité esthétique » car tout en menant une vie strictement normale tant socialement, qu’affectivement ou professionnellement, celle-ci affecte parfois leur bien-être en société sans pour autant les limiter. En revanche, on ne doit pas nier le fait que cette particularité leur demande une adaptation et la nécessité de mobiliser leurs ressources pour y faire face. Une vulnérabilité est une fragilité mais non une incapacité à surmonter une difficulté.
  • Enfin pour les derniers cette particularité est un véritable « handicap esthétique » correspondant à une altération et une limitation de la vie en société dans les 3 dimensions définies par l’OMS qui sont la « déficience, l’incapacité et le désavantage qui limitent ou interdisent l’accomplissement d’un rôle considéré comme normal, compte tenu de leur âge, du sexe et des facteurs socioculturels ». C’est dans ce cas précis et uniquement là, qu’on pourra parler de véritable « handicap esthétique »

Ce n’est qu’en ayant connaissance de ces nuances qu’on sera à même d’aider les personnes à vivre au mieux leur différence. … « 

Docteur Béatrice de REVIERS (Mai 2020)

©Béatrice de REVIERS Mai 2020

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