Qu’est-ce le handicap esthétique ?

Le handicap esthétique correspond à toute différence morphologique visible (y compris lorsqu’elle est habituellement dissimulée au regard) entraînant chez la personne qui en est atteinte une limitation de son bien-être en société du simple fait de sa visibilité, même si elle n’entraîne pas d’autre conséquence.

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(c) Positive Exposure and Nevus Outreach, Inc.

Cette dimension esthétique répond donc bien à la définition légale du handicap en France depuis 2005, au même titre que les autres handicaps, fonctionnels, physiques, intellectuels ou sensoriels : « […] toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société […] en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques […] ».

Pourtant, cette dimension du handicap est longtemps restée sous-estimée, voire éludée, au point que le terme même de handicap esthétique est encore rarement utilisé : on parle plutôt de préjudice ou de gêne esthétique. Comme pour tout handicap, le contexte environnemental et social prend une part importante, et elle est ici prépondérante.

Pourquoi est-ce un problème ?

La stigmatisation sociale qui peut naître d’une caractéristique visible et affichante entraîne une détresse psychologique, et des mécanismes d’ajustement psychosocial (« coping ») vont être mis en œuvre, de façon plus ou moins adaptée.

Parmi les affections à l’origine de ce handicap, les maladies chroniques de la peau, acquises ou congénitales, tiennent une place importante. C’est ici la fonction sociale et de communication de la peau qui est altérée, que ses autres fonctions soient assurées ou non. Les handicaps esthétiques cutanés congénitaux correspondent à des affections rares ou orphelines, entre autres des malformations congénitales de la peau (taches de naissance) touchant des enfants qui vont devoir grandir avec.

– Pr. Pierre Vabres, Dermatologue, Centre Hospitalier Universitaire Dijon-Bourgogne